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« Record de Calella » (Souvenir de Calella) est le titre d’une sardane emblématique du compositeur Vicenç BOU i GELI. Mais le « souvenir de Calella » prend, pour les Joquinencs, un sens tout particulier et est matériellement présent à de nombreux endroits du village. Au gré d’une promenade, on remarque en effet plusieurs céramiques scellées, une pour signaler une fontaine, une autre pour rappeler un évènement ou encore un lieu…

La signature « Grup pa, vi i moltó, Calella » au bas de ces différentes céramiques ne manque pas d’intriguer.

Pourquoi sont-elles là ? D’où viennent-elles ?

Ces céramiques sont le témoin d’une époque qui a marqué l’histoire récente du village, avant et après l’année 2000, celui d’un jumelage entre le Comité des Fêtes de Joch et une association de la ville de Calella (Catalogne-Sud) qui perdura de l’année 1993 à l’année 2009. C’est pourquoi cette page est chaleureusement dédiée à tous les acteurs des deux Catalognes qui ont permis ces échanges.

Les instigateurs de ce jumelage ont été Messieurs Henri SOLER et Georges SABATÉ, respectivement maire d’Ille-sur-Têt (et conseiller général) et maire de Joch à cette époque-là. Jean-Pierre VILLELONGUE a ensuite repris bien volontiers le flambeau dès son accession à la Mairie.

Les principales chevilles ouvrières furent Aline et son mari, le très regretté Daniel BALLOT, aidés par Edith et Michel PIERRE-EMILE, ainsi que par tous les autres bénévoles du Comité des Fêtes, qu’on ne peut tous citer.

Aline nous en raconte un peu plus sur cette épopée. Voici son récit :

L’origine

L’origine de ce jumelage fut le remplacement de la statue de Saint Joseph, située à gauche du maître autel de l’église. La statue d’origine avait disparu vers les années 1920 et avait été remplacée par une vague copie en plâtre qui jurait avec le reste du retable. La municipalité de Georges SABATÉ était à la recherche d’un atelier pouvant proposer une solution plus pertinente quand Henri SOLER évoqua le nom d’un atelier de restauration d’œuvres d’art proche de Calella, importante cité balnéaire du Maresme (Catalogne-Sud) jumelée avec Ille-sur-Têt.

Rendez-vous fut pris, un accord fut conclu. À l’instigation de son président, el Senyor Jaume PRUNA, l’association « Pa, Vi i Moltó » (« Pain, Vin et Mouton », … toute une philosophie) se porta volontaire, non seulement pour superviser le remplacement du Saint-Joseph, mais aussi pour tisser des liens d’amitiés avec notre village.

La livraison de la nouvelle statue, en automne 1993, fut l’occasion de la première rencontre fraternelle entre les Joquinencs et les Calellencs de « Pa, Vi i Moltó ».

Cette rencontre fut suivie de beaucoup d’autres. Chaque année, un voyage était organisé à Calella et en contrepartie, une réception était prévue à Joch, une fois au printemps et l’autre fois en automne.

À Calella

Il fallait, à chaque fois, peu de temps pour remplir, à destination de Calella, les 60 places d’un autobus de la compagnie Capeille, toujours conduit par Daniel, à la fois chauffeur et animateur.

Dès son arrivée à Calella, la délégation était conviée à un « esmorzar », souvent constitué d’une sardinade accompagnée de « pa amb tomàquet », organisée à même la plage.

Ce n’était là que le prélude. Suivaient des visites de la ville et de ses environs, puis un repas de germanor (paella ou zarzuela, c’est selon) au cours duquel étaient remis les cadeaux de Joch à Calella (nombreux produits du terroir, œuvres d’art de Sant-Vicens, par exemple). La plupart du temps, la journée se terminait par une fête conviviale, avec clique, cobla, et même majorettes.

À Joch

En retour, chaque année un certain dimanche, un autobus était vivement attendu à Joch, en provenance de Calella. Le Comité des Fêtes mettait un point d’honneur à être à la hauteur de la réception de leurs amis de Calella. Le moment-clef de la journée était le repas, qui réunissait non seulement les Calellencs, mais au moins autant de Joquinencs et de sympathisants ; pas moins de 120 personnes s’attablaient. Le repas consistait parfois en une blanquette, mais le plus souvent il s’agissait de « boles de picolat » (environ 45 kilos de viande étaient nécessaires à leur préparation), mets dont les Calellencs étaient friands et qu’ils appelaient « mandonguilles ». Les agapes se terminaient par le traditionnel plateau de fromages fort apprécié lui aussi, et bien sûr par les pâtisseries confectionnées avec talent par Daniel, pâtissier de formation.

Chaque année, l’association « Pa, Vi i Moltó » arrivait chargée de cadeaux, dont une céramique, spécialité emblématique de la comarque et dont le thème avait été suggéré par notre municipalité. Très solennellement, cette céramique était remise à Monsieur le Maire.

La céramique de la « Pila »

La « Pila » est l’abreuvoir en marbre de Villefranche daté de 1874 situé Carrer Major. Il a été restauré au milieu des années 1990 et orné d’une céramique représentant Saint-Martin.

L’oratori d’en Pallofet

Il s’agit de l’oratoire situé à l’intersection de la route de Finestret et de celle de Joch. Ses quatre niches étaient vides, les quatre saints d’origine avaient en effet disparu peu à peu, malgré des grilles pour les protéger. La dernière à disparaître fut Sainte Madeleine de Sahorla… sans doute parce qu’elle était moins en vue que les autres.

Elles ont été décorées de céramiques des saints représentant les quatre villages de la Baronnie : Saint Martin pour Joch, Sainte Colombe pour Finestret, Sainte Madeleine pour Sahorla, Sainte Eulalie pour Rigarda.

Ces nombreuses céramiques ravivent en différents lieux de Joch cette amitié catalane.

Pendant 17 ans, ce jumelage fut l’une des pierres angulaires, avec le 14 juillet et la Saint-Martin, des animations du village.

Texte : Aline BALLOT, Gilbert JULIA

Illustrations : archives photographiques, Aline et Daniel (✝) BALLOT

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