26 octobre 2021

C’est vendredi dernier que nous avons appris le décès, à Vinça, de Gaston Maynaut.

Gaston était né à Joch le 15 avril 1932 au sein d’une famille d’agriculteurs établie au village depuis des décennies.

Il vécut toute son enfance et sa jeunesse à Joch.

Tout au long de sa vie, Gaston conservera un souvenir ému de ses années passées à l’école communale de Joch, il n’aura de cesse de remercier son institutrice Madame Pons de l’instruction qu’elle avait su, comme à tant d’autres, lui donner.

Jeune homme, il entra dans le corps de la gendarmerie nationale et lors de l’une de ses premières affectations, il rencontra, dans les Vosges, celle qui allait devenir son épouse : Jacqueline Didelot.

Ils se marièrent à Saint-Laurent des Vosges, près d’Epinal, le 22 octobre 1955 et, un an plus tard, ce fut la naissance de leur fils Bruno.

Sa carrière de gendarme se poursuivit de garnisons en garnisons. Commandant de brigade, Gaston se rapprocha peu à peu, au fil du temps de son pays natal, d’abord à Mont-Louis puis enfin à Rivesaltes.

A l’heure de la retraite, c’est à Joch, dans la maison familiale rénovée que Gaston et son épouse décidèrent de venir s’installer ; ils appelèrent leur coquette maison « Madinina » en souvenir des heureuses années passées en Martinique où Gaston exerça quelques temps sa profession

Dès lors, les occupations ne manquèrent pas :

Gaston était passionné par la nature, il aimait parcourir les montagnes catalanes en compagnie de son fils Bruno. Tous deux prenaient un grand plaisir à faire découvrir à leurs amis toutes ces belles randonnées.

Avec son épouse, Gaston s’intéressa au jeu « des chiffres et des lettres ». Il devint président du club de Vinça qu’il sut animer pendant de nombreuses années, participant avec tous les membres du club à de nombreuses compétitions souvent couronnées de succès.

Enfin, Gaston prenait le temps de se rendre quasi quotidiennement dans son jardin qu’il cultivait et entretenait avec passion.

Hélas, la santé fragile de Jacqueline vint ternir cette belle retraite. Pendant des années, avec beaucoup d’abnégation, Gaston prit grand soin de son épouse, l’accompagnant de toute son affection jusqu’à son décès en 2015.

Puis ce fut la santé de Bruno qui commença à décliner et là encore Gaston fit preuve de beaucoup de courage pour veiller sur son fils.

Ces dernières années, Gaston eut à lutter à son tour contre la maladie. Heureusement, Germaine vint s’occuper de lui avec beaucoup de dévouement ; il lui en exprimait, sans cesse et à juste titre, toute sa gratitude.

Gaston passa ses derniers mois à retracer sa vie en écrivant peu à peu tous ses souvenirs, relatant son enfance à Joch, son amour pour son village natal, les bons moments passés ici ou là mais aussi les plus terribles comme ceux dont il avait été témoin en Algérie. Avant de disparaitre, Gaston eut le bonheur, grâce à Germaine, de pouvoir tenir entre ses mains ce recueil mis en pages et relié. Ce fut, sans nul doute, pour lui un magnifique cadeau.

Beaucoup d’entre nous garderont le souvenir de Gaston, assis en fin de journée, lorsque le temps s’y prêtait, devant sa porte, lisant son journal au calme et discutant avec plaisir avec ses voisins ou des passants.

La municipalité de Joch et l’ensemble de la population de Joch présentent à Bruno son fils, à Germaine sa compagne, à la famille endeuillée et à tous les proches de Gaston, leurs plus sincères condoléances.

Adieu Gaston, repose en paix, auprès de Jacqueline, dans le petit cimetière de Joch ton village natal, ce village que tu as tant aimé.

13 Mars 2021

M. le Maire, les adjoints, les conseillers municipaux, les employés communaux et la population de Joch ont le regret de vous faire part du décès de :

Monsieur Pierre COSTA,

père de Françoise COSTA, secrétaire de mairie de Joch. Les obsèques auront lieu ce lundi 15 mars à 15h30 en l’église de Coustouges.

Janvier 2021

Dans le courant de l’année 2020, nous avons eu le regret d’apprendre le décès de nos amis :

  • Madame Irène SOURDOU
  • Madame Marinette CANTARELLI
  • Madame Marguerite TRABIS
  • Madame Jocelyne CENS
  • Monsieur Jean ESPAGNACH
  • Monsieur Joseph TIO
  • Monsieur Clément FRANCÈS

Monsieur le Maire, le Conseil Municipal et l’ensemble de la population de Joch présentent à toutes les familles endeuillées leurs plus sincères condoléances.

Octobre 2020

  • Thérèse TRABIS-GURRERA, conseillère municipale de notre commune, nous fait part de la naissance, le 25 octobre, de sa petite-fille Clotilde au foyer de Clémentine (sa fille) et Bertrand. Félicitations aux parents et aux grands-parents, Thérèse et Serge.
  • Nos compatriotes et amis Laurine GRATACOS et Anthony SALIES sont heureux de faire part de la naissance de leur fille Julia, le 8 octobre 2020. Nul doute que la petite Julia fait aussi la joie de ses grands-parents, notamment de Françoise et Jean-Pierre SALIES agriculteurs à Joch, ainsi que de sa tata Aline !
  • Nous avons également appris la naissance, le 30 septembre en région parisienne, d’Adélaïde, petite fille de nos amis Brigitte et Guy PONS. Félicitations à la maman Noémie, au papa Loïc et aux grands-parents. L’arrière grand-mère d’Adélaïde était Madame Paulette PONS, qui fut la dernière institutrice du village et qui forma, dans l’école du village à classe unique, plusieurs générations de Joquinencs.

Août 2020

Jean-Claude GRAULE, premier adjoint, communique :

Décès d’Odette Sabaté-Loiseau.

Here, this text in English

Lorsqu’Odette naît en 1924, sa sœur Francine a déjà quatre ans. Leur père Pierre Sabaté qui a beaucoup souffert durant la guerre s’exclame :

« Au moins, avec des filles, je peux dire que mes enfants n’iront pas à la guerre… ».

Il était loin d’imaginer ce que l’avenir allait leur réserver !

Né à Joch en 1892, Pierre Sabaté s’engage dans l’armée juste avant que n’éclate la guerre de 1914-1918. Gravement blessé puis fait prisonnier, il revient dans son village natal où il rencontre Joséphine Acezat de Ria, alors institutrice à Joch. Ils se marient. Joséphine abandonne l’enseignement. Le couple s’installe à Ria, puis à Thuir et enfin à Perpignan où ils tiennent une petite épicerie dans le quartier du Vernet. Hélas, ne s’étant jamais vraiment remis de ses blessures et de sa captivité, Pierre Sabaté meurt en 1931.

Joséphine connaît alors de grandes difficultés pour faire valoir ses droits de veuve de guerre et ceux d’orphelines de guerre pour ses deux filles. Elle se rapproche ainsi du Parti Communiste et commence à venir en aide aux réfugiés espagnols. Odette dira plus tard :

« C’est à partir de l’hiver 1939 que tout a basculé. Avec l’arrivée dans notre département de milliers d’Espagnols. A partir de cette époque nous n’avons plus jamais été seules à la maison. Nous y avons accueilli en permanence des espagnols, évadés, chargés de missions pour recréer des liens entre eux et l’Espagne. C’est là qu’a commencé pour nous trois le travail clandestin. Nous en avons acquis les bases : ne jamais essayer de savoir les noms, le pourquoi du passage, ne jamais rien dire à personne, même aux amis et à la famille. »

Francine travaille à la Préfecture, Odette à la Poste, au central télégraphique. Au mois d’octobre 1940, elles viennent habiter Place del Puig. Leur maison devient le centre d’un réseau d’aide aux réfugiés espagnols. Elles établissent de fausses cartes d’identité grâce à un tampon dérobé par Francine à la Préfecture. Elles aident des pilotes anglais abattus sur le territoire français qui tentent de franchir la frontière pour rejoindre leurs unités. Elles cachent des armes et des explosifs dans leur cave.

Le 15 Juin 1943, Joséphine est arrêtée chez elle, Francine à la Préfecture, Odette à la Poste. Le lendemain, à la demande de Joséphine, Odette est autorisée à aller chercher quelques affaires à la maison, un policier l’accompagne.

« Les espagnols m’avaient appris aussi une chose : lorsqu’on est arrêté, on ne doit penser qu’à s’évader. Au retour je devais déposer les clés chez ma tante, rue de l’Anguille. Il y avait une autre sortie à l’arrière de cette maison. Le policier habitait la même rue, il est entré chez lui prendre un verre, me surveillant par la fenêtre… Quand il est revenu, je m’étais enfuie.»

Joséphine et Francine seront déportées à Ravensbrück où elles seront exterminées au printemps 1945.

De son côté, Odette rentre dans la clandestinité, elle rejoint Montpellier puis Lyon, devient agent de liaison pour les réseaux de résistance communiste de la France sud. Elle est arrêtée le 16 août 1944 à Lyon par les membres français de la Gestapo qui la torturent en vain. Elle est emprisonnée au fort de Montluc puis en est libérée par les FFI quelques jours plus tard.

Ayant perdu sa mère et sa sœur, Odette suit ses camarades de Résistance et s’établit à Paris. Elle y fait la connaissance d’un jeune allemand, étudiant en physique nucléaire, Pierre Radvanyi. La famille Radvanyi avait quitté l’Allemagne lors de l’accession au pouvoir du régime nazi. En 1949, naît leur fils Jean mais, très vite, le couple se sépare.

Après avoir surmonté de très sérieux problèmes de santé, Odette reprend ses activités au sein du Parti Communiste Français. Elle y rencontre son second mari, Pierre Loiseau. Elle restera fidèle à l’idéal communiste toute sa vie. A l’âge de la retraite, le couple vient s’installer à Ria.

Odette Sabaté
Odette Sabaté
Odette Sabaté et ses cousines de Joch
(Extrait d’un article du quotidien « l’Indépendant »)

Odette avait toujours gardé contact avec sa famille paternelle. Elle venait régulièrement à Joch rendre visite à son oncle Jean Sabaté puis, plus tard, à ses cousines germaines Gabrielle Sabaté-Graule et Georgette Tozeyre-Sabaté. On rencontrait encore, il y a peu, au village quelques personnes qui gardaient le souvenir ému de Francine et Odette, enfants, venant passer quelques jours, l’été, à Joch chez leurs grands-parents Joseph et Victoire Sabaté.

Odette Sabaté Loiseau s’est éteinte à Paris le 20 août 2020. Elle a été incinérée au cimetière du Père Lachaise le 27 août.

Un hommage lui sera rendu à Ria dans le courant de l’automne.

Sources :

  • Jean Radvanyi : Hommage à Odette Sabaté-Loiseau, sa mère.
  • Marie-Louise Coudert : Elles, la résistance.
  • Héroines d’hier et d’aujourd’hui : Rose Blanc et Francine Sabaté, deux jeunes catalanes dans la résistance.
  • Jean-Claude Graule : Souvenirs personnels.